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Ils font l’actualité du cinéma.
Au moment où un réalisateur est sous les feux de la rampe des sorties du mercredi, le-court.com vous propose de (re)découvrir sa démarche et son parcours artistique. L'occasion de démontrer que le court métrage est en prise avec l'actualité cinématographique et de rappeler qu'un film est un film, indépendamment de toute appréciation de durée ou de genre.
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Sortie le 17 mars 2010
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Le passage de Frédéric Chignac par le court métrage s’effectua sous le sceau de l’insolite, notamment son astucieux Distracteur qui offrait une singulière parabole des rapports de hiérarchie et de contrôle en milieu professionnel. De cet univers froid et déshumanisé, le réalisateur passe, dans Le temps de la kermesse…, à l’accablante chaleur d’un coin désertique d’Afrique, où un homme d’affaires – incarné par le trublion médiatique Stéphane Guillon – tombe en panne, se voyant contraint à un séjour forcé dans un hameau échoué en marge du monde. Cela donne au réalisateur l’occasion idéale de se livrer à une fable géopolitique, presque un conte, sur un autre grand équilibre humain, à l’échelle des continents celui-là : la relation Nord/Sud, avec sa cohorte de répercussions comme les réflexes post-colonialistes du Blanc d’Afrique, l’inconséquence coupable du touriste occidental de passage, la corruption généralisée ou le rêve chimérique et funeste, pour la jeunesse locale, de gagner l’Europe. Sans atteindre la truculence caustique d’un Marco Ferreri dans Y’a bon les Blancs, Chignac réussit sa comédie satirique, jusqu’au dénouement d’une cruauté cynique hélas à la mesure de la réalité.
Christophe Chauville
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Sortie le 17 mars 2010
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| Faute de soleil (1995, 57') |
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Christophe Blanc compte parmi les réalisateurs, qui, en quelques courts métrages, donnèrent le sentiment que quelque chose bougeait en profondeur dans le cadre du jeune cinéma français des années 1990. En deux films seulement (le second fut distribué en salle), il s’imposa comme un possible héritier de Pialat, révélant dans ces films assez fiévreux des acteurs que l’on ne revit pas assez par la suite (Jean-Jacques Benhamou, Françoise Descarrega, Sarah Haxaire).
Pour qui l’avait vu alors, Faute de soleil, drame entre bitume et néons mettant en scène la relation compliquée d’un aveugle auto-destructeur et d’une strip-teaseuse amoureuse, demeure un souvenir de cinéma poignant. Plus classique, plus codifié, le beau polar familial que le cinéaste sort aujourd’hui après une longue éclipse témoigne d’un revirement assez net et assez convaincant aussi. Changement de milieu, certes, puisque le petit malfrat de Violente laisse la place au chef d’entreprise incarné par François Cluzet, mais le sens du décor et de la brutalité sèche demeurent. La moindre des choses pour un bon film de genre...
Stéphane Kahn
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Sortie le 24 février 2010
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| La ligne (2004, 35 mm, 58’) |
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Avec Une nouvelle ère glaciaire, son premier long métrage, Darielle Tillon retrouve les chemins biaisés, inattendus, qui firent de ses premiers films des gestes uniques, importants, dans la routine (tout du moins formelle) d’une grande partie du cinéma français des années 2000. À la vitesse d’un cheval au galop mérite particulièrement d’être revu à l’aune de ce long qu’il préparait, auquel il fournissait des bases certaines. Désir de fuite, désorientation tant spatiale que temporelle, tentation pour l’étrange, pour le fantastique naissant du quotidien. Tout était là. Mais Une nouvelle ère glaciaire offre une nouvelle ampleur aux thèmes et motifs travaillant le cinéma de Darielle Tillon depuis Joyeux anniversaire jusqu’à La ligne (beau moyen métrage effleurant gracieusement les figures du film de genre). D’un film à l’autre, l’abandon d’une évidente maîtrise (Joyeux anniversaire, sa technique d’animation et son scénario bouclé) pour une narration plutôt envisagée comme matière mouvante, achève la mue de l’habile réalisatrice en cinéaste passionnante.
Stéphane Kahn
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Sortie le 24 février 2010
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| L'âge de raison (2004, 35 mm, 13’) |
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Myriam Aziza s’était distinguée dès 1994 avec ses films d’école de la Fémis, notamment Comme on respire, qui mettait en scène une étudiante en médecine manifestant une psychose sévère envers le corps, la peau, les organes. La cinéaste passait ensuite par la “case” documentaire avec deux films développés en collaboration avec Sophie Bredier, qui a aussi logiquement cosigné le scénario de son premier long de fiction. La robe du soir plonge dans les affres de l’adolescence, via le trajet d’une élève modèle fascinée par sa prof de français et qu’elle accuse de pédophilie, par pure jalousie envers un garçon de sa classe et par… méprises, comme celles qui abusaient les passagers ferroviaires d’un court métrage du même titre ! La cinéaste entend fouiller au-delà des apparences, celles de l’altérité, de la famille ou de la religion : dans L’âge de raison, comédie s’inscrivant dans la Collection de Canal + “Voilà comment tout a commencé”, sa petite héroïne, de confession juive, s’interrogeait sur les règles qu’on lui imposait et se laissait tenter par la transgression. Sur une tonalité moins légère, la Juliette de La robe du soir aborde les rivages troubles de l’adolescence et ses désirs mystérieux bouleversant l’état des choses. Un personnage à l’image de tout un cinéma : en bouillonnements. CC Christophe Chauville
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Sortie le 13 janvier 2010
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| E Pericoloso Sporgersi (1984, 35 mm, 12’) |
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L’ambitieux projet de Mr. Nobody a longuement mûri dans l’esprit de son réalisateur, mettant une décennie à aboutir. Mais il s’enracine encore plus en amont, l’une des multiples inspirations de son intrigue en arborescence se rattachant directement à celle de son plus fameux court métrage : E Pericoloso Sporgersi. Un enfant, fils de chef de gare, y était placé en face de différents avenirs possibles, l’importance primordiale d’un simple hasard – par exemple parvenir à prendre un train ou pas – conditionnant aussi le destin du jeune Nobody au moment de la séparation de ses parents. Toujours aussi exceptionnellement inventif du point de vue visuel, Jaco Van Dormael inscrit son nouveau film en parfaite cohérence dans son évolution créative, établissant des ponts avec l’univers coloré de Toto le héros (1991), tout en investissant le champ inédit pour lui du film d’anticipation. Son personnage éponyme, Nemo Nobody, n’est autre, en effet, que le dernier des mortels, qui achève sa riche existence à la fin du XXIe siècle. Ce qui permet surtout au cinéaste de démontrer à quel point demeure vivace son talent d’exploration de l’imaginaire humain, dans lequel perdure éternellement une part enfantine, jusqu’au rêve d’immortalité. Presque une profession de foi artistique… Christophe Chauville
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Sortie le 30 décembre 2009
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| Histoire naturelle (2002, 35 mm, 22’) |
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Thèmes de prédilection du jeune cinéma, la fin de l’enfance et la perte de la naïveté se voyaient abordés, il y a une dizaine d’années, avec une séduisante singularité par Laurent Perreau dans Quand j’étais photographe, plus incisif et cruel que la nostalgie de son argument – des vacances au bord de l’eau – pouvait le laisser penser. Avec son premier long métrage, Le bel âge, le réalisateur s’attache à “capturer” dans son objectif le portrait flottant d’une jeune fille de dix-sept ans, plus tout à fait adolescente et pas encore adulte. Insoumise et timide à la fois, elle boude le grand-père l’ayant recueilli à la mort de sa mère, tout en affrontant de premières confusions sentimentales.
La petite musique des sentiments, Histoire naturelle avait permis à Laurent Perreau de s’en faire un conteur inspiré, sur un charmant schéma rohmérien, à travers la rencontre amoureuse entre une étudiante des Beaux-arts et un lunaire gardien de zoo. Le bel âge, plus âpre dans le rapport tendu de ses personnages à la réalité, parvient surtout à établir un dialogue émouvant entre ses deux personnages principaux et, du même coup, entre des générations éloignées jusque dans leur conception du “bel âge”…
Christophe Chauville
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