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Ils font l’actualité du cinéma.
Au moment où un réalisateur est sous les feux de la rampe des sorties du mercredi, le-court.com vous propose de (re)découvrir sa démarche et son parcours artistique. L'occasion de démontrer que le court métrage est en prise avec l'actualité cinématographique et de rappeler qu'un film est un film, indépendamment de toute appréciation de durée ou de genre.
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Sortie le 14 décembre 2011
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| Coffee n'Dreams (2001, 18', coréalisé avec Sébastien Dacek) |
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Olivier Adam est l’un des romanciers de la jeune génération les plus sollicités par le cinéma, que ce soit pour des collaborations au scénario ou pour des adaptations. Des vents contraires, paru en 2008, est transposé à l’écran par Jalil Lespert, pour son second long métrage après le très sombre 24 mesures (2007). Rien d’étonnant à ce que le réalisateur ait été séduit par le roman, dont le postulat est lui aussi assez noir ; après la mystérieuse disparition de sa femme, Paul, écrivain, décide de déménager à Saint-Malo avec ses deux enfants, dans l’espoir de pouvoir continuer à vivre. À l’instar du livre, le film est presque paradoxalement lumineux, recelant de vrais instants de grâce, et empreint de tendresse.
Son casting de premier choix (Benoît Magimel, Isabelle Carré, Audrey Tautou, Ramzy Bédia, etc.) apporte beaucoup d’humanité aux personnages et la question de la “nouvelle vie”, qui hante l’œuvre d’Adam, est envisagée avec une énergie qui rappelle celle du court métrage De retour, première rencontre du jeune cinéaste avec l’univers de l’écrivain puisque c’est une nouvelle du recueil Passer l’hiver qui l’avait inspiré. On y suivait les premières heures d’un homme sortant de prison après trois ans et devant se réhabituer à la vie normale, au dehors. L’ambiance nocturne du film était bien maîtrisée par Lespert, pour un portrait ne manquant ni de pudeur ni de nuance. Auparavant, le réalisateur débutant avait cosigné et interprété un film en DV quasi improvisé, maladroit mais tonique, au titre jarmuschien : Coffee n’Dreams Christophe Chauville
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Sortie le 14 décembre 2011
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Sélectionné au Festival de Cannes 2011 à la Semaine de la Critique, 17 filles, premier long métrage de Muriel et Delphine Coulin, vaut le détour. Au-delà du film à sujet (en or, inspiré par un fait divers étrange : 17 jeunes adolescentes décident de tomber enceinte en même temps), les réalisatrices dessinent de très beaux portraits, flottants et évanescents, de ces jeunes habitantes de Lorient naviguant à vue.
On pourra néanmoins ici regretter la faiblesse d’un film qui peine à penser l’au-delà du fait divers. Toutes les qualités et les défauts de 17 filles traversaient déjà les courts métrages des réalisatrices : dans Il faut imaginer Sisyphe heureux, leur premier ciné-poème, réalisé « à l’arrache », les arrière-plans (grèves de 1995, lumières de Noël à Paris, embouteillages Porte de la Chapelle et voix de Janis Joplin) et la présence des comédiens (André Wilms notamment) l’emportent sur le sujet.
Après Sisyphe, les sœurs Coulin réalisent ensemble cinq films courts parmi lesquels on retiendra Souffle et Germain. Dans le premier, une fillette passe sa journée à la maison aux côtés de sa grand-mère très âgée et souffrante. Ce drame familial, mis en scène de manière très classique, délivre son lot un peu convenu d’émotion liée à une détresse sociale. Le deuxième court, Germain, réalisé dans le cadre des « Talents Adami », s’appuie sur le même socle d’une réalité sociale, très sociale même (avec une usine de volailles pour décor), et se révèle bien plus intéressant. Les réalisatrices cultivent ici le mystère quant à leur personnage principal (on ne saura jamais par exemple si Germain a signé son contrat d’embauche) et ce côté indécidable du personnage et du scénario, loin de desservir le film, renforce toute son ardeur. Donald James
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Sortie le 07 décembre 2011
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| Une odeur de géranium (1996, 30') |
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Une mère et son jeune fils. Seuls. Le motif se répète, secrète obsession des films de Laurent Achard…
Les œuvres englobant une cellule familiale plus large (Une odeur de géranium ou Le dernier des fous) en reviennent, malgré tout, presque toujours à la mère. Et si les flash-back ponctuant Dernière séance éclairent le parcours criminel de son héros à la lumière des névroses d’une mère dévorante et fusionnelle, le rapport tout en ambivalences entre une jeune femme et son fils se trouvait déjà au cœur de Dimanche ou les fantômes, le film qui fit connaître Achard et qui lui permit d’obtenir le prix du jury du Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, ainsi que les grands prix à Côté court ou à Brest, en 1994.
Confronté ici, au hasard d’une promenade en forêt, à la manifestation furtive du désir frustré d’une mère borderline, l’enfant, chez Achard, bute toujours sur le seuil du monde des adultes. Souvent, ce monde se dérobe, partiellement compréhensible, partiellement appréhendable. Et souvent, l’enfant se heurte à sa violence, quitte à endosser celle-ci à son tour (la fin du Dernier des fous, son précédent long métrage) ou, redoute-t-on plus encore, à la subir (le hors-champ menaçant de La peur, petit chasseur).
La mère, elle, si elle n’est pas encombrée par son fils (Dimanche ou les fantômes), si elle n’est pas tellement débordée par les tâches domestiques qu’elle ne le voit plus (Une odeur de géranium), souhaite le transformer en un autre (voir Dernière séance). L’enfant est toujours en trop, jamais assez bien (ce qu’on n’écrira pas – bien au contraire – de tous les jeunes garçons jouant les fils dans les films du cinéaste).
La mère protectrice et rassurante, qui n’apparaît qu’une fois (c’est celle dont rêve sans doute l’enfant de La peur, petit chasseur), on la suppose victime. Derrière la façade d’une maison se dressant comme un écran (encore un, donc, comme dans Dernière séance, où une autre façade muette ayant abrité la mère et le fils fait écho à ce court) se projette une autre histoire, celle des coups et des brimades qu’elle endure. Nous n’en saurons pas plus. Car il s’agit d’un film qui, comme jamais, fait vivre le hors-champ.
Cette économie, dans les moyens, les effets et les mots, a permis à Laurent Achard de réaliser, avec un simple plan-séquence à l’éloquence admirable, l’un des films les plus importants qu’il nous ait été donné de voir dans le cinéma français de ces dix dernières années. De ce chef-d’œuvre (qui obtint notamment en 2004 le Grand prix à Clermont-Ferrand et à Pantin) à Dernière séance, une même exigence au fond : la prééminence de la mise en scène.
Stéphane Khan
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Sortie le 07 décembre 2011
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La plaine avait reçu le troisième prix de la Cinéfondation, à Cannes, en 2005. Six ans plus tard, Roland Edzard est revenu sur la Croisette, avec son premier long métrage sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.
Les deux films dialoguent assez évidemment sans que l’on puisse pour autant écrire que La plaine préparait le long métrage. Si, en surface, l’intrigue et la manière sont proches (au début, d’ailleurs, deux frères s’affrontent sous les yeux de leur famille impuissante), le long métrage radicalise encore un peu plus les parti pris du court. Aux pavillons du Nord succède une maison isolée dans les Vosges ; au réalisme option Dumont/Dardenne, auquel on avait raccroché un peu rapidement La plaine, austère et bressonienne, succède un goût affirmé pour l’espace, pour la topographie et pour le territoire.
Ainsi, La fin du silence a tout d’un western tragique. Et, comme La plaine, qui débutait par le saisissant plan séquence d’une longue bagarre, c’est un cinéma très physique que Roland Edzard propose. Un cinéma assez impressionnant où l’action seule définit les personnages, loin de la psychologie et du bavardage… Stéphane Khan
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Sortie le 23 novembre 2011
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| La traversée de l'Atlantique à la rame (1978, 21') |
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Jean-François Laguionie n’en est pas à ses premiers pas. Ce vétéran du cinéma d’animation a tourné La Demoiselle et le Violoncelliste, son premier film, en 1965, rue Bobillot à Paris dans l’atelier de Paul Grimault. D’emblée Laguionie affirme un style très pictural : La Demoiselle fait penser aux Baigneuses de Picasso tandis qu’Une bombe par hasard rappelle les décors de Mystère et mélancolie d'une rue de Chirico.
Artisan par obligation (d’économie), Laguionie fabrique ses films de A à Z. Il les anime en silhouettes découpées, technique brute et intuitive qui n’est pas sans évoquer le théâtre des ombres et les jeux pour enfants. Aujourd’hui, le réalisateur compare ses courts métrages à des poèmes. Au cœur de ses rêveries, ce grand marionnettiste semble mystérieusement tourmenté par des motifs récurrents : la mer, la forêt, la solitude, les masques. Bel écho à une époque surréaliste baignée de paranoïa (les années 70), Plage privée est le seul court métrage que l’auteur tourne en prises de vue réelles. Après ce film réussi, Laguionie répond à une commande et réalise deux très beaux contes : une histoire celte Potr' et la fille des eaux et une légende corse Le Masque du Diable, peut-être les plus beaux films de l’auteur et assurément les plus sombres. Pour ceux-ci, il compose avec la peinture à huile sur verre et pour la première fois, donne à ses rêveries de véritables arches dramatiques.
En 1978, La Traversée de l'Atlantique à la rame est récompensé par la Palme d’or à Cannes. A travers ce court métrage de 20 minutes, l’auteur revient aux silhouettes découpées pour mettre en scène un couple qui, au début du XXe siècle, s’embarque pour le vieux continent. Leur traversée dure des années et les mène à la rencontre du Titanic, de la mer des Sargasses et d’un casino flottant… Le rythme et le ton rétro – parfois tendrement ringard - situent les animations de Laguionie à des années lumières de ce qu’offrent aujourd’hui les grands studios. Depuis maintenant 32 ans, le cinéaste se consacre entièrement aux longs métrages. Son quatrième, coloré et fauviste, se déroule dans un tableau. Dans ce récit allégorique et conte initiatique, Laguionie nous invite à un beau voyage, libre et coloré. Donald James
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