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  Ils font l’actualité du cinéma.
Au moment où un réalisateur est sous les feux de la rampe des sorties du mercredi, le-court.com vous propose de (re)découvrir sa démarche et son parcours artistique. L'occasion de démontrer que le court métrage est en prise avec l'actualité cinématographique et de rappeler qu'un film est un film, indépendamment de toute appréciation de durée ou de genre.
   
  Autour de
Adieu Gary de Nassim Amaouche
 
Sortie le 22 juillet 2009
 
De l'autre côté
2003 - Fiction - 30'00"

Quelques miettes pour les oiseaux
2005 - Documentaire - 28'00"

Deux courts métrages radicalement différents sont à l’actif du jeune cinéaste Nassim Amaouche. De l’autre côté est une fiction sur les retrouvailles entre un fils et son père réunis par une fête familiale, une circoncision. Samir, le fils, est passé de l’autre côté, celui des “cravatés”. L’atmosphère est naturaliste, poétique et politique. Le retour au bercail du fils prodige rappelle aux siens qu’immigré rime parfois avec humilié…



C’est une autre frontière que Nassim Amaouche aborde dans Quelques miettes pour les oiseaux, documentaire tourné dans le dernier village jordanien avant la frontière irakienne. Disons qu’en guise de village nous n’aurons vu qu’une sorte d’hôtel aux abords duquel se vend de l’essence le jour et des charmes la nuit. La beauté de ce film repose autant sur son bon dosage de séquences étranges, issues d’un autre monde, et sur son assemblage musique-image dont l’impact lyrique grandit à mesure que le film avance et balaye, malgré lui, les dernières miettes de cet état des choses.



Avec Adieu Gary, Nassim Amaouche reprend le chemin de la fiction et met une fois encore en scène les retrouvailles entre un fils et son père. Où l’on retrouve Samuel Collardey (L’apprenti, Du soleil en hiver) au cadre… Un nouveau courant naturaliste est-il en train de voir le jour ?

DJ
 
  Autour de
Bancs publics de Bruno Podalydès
 
Sortie le 08 juillet 2009
 
Qui a vu le moyen métrage Versailles rive gauche se souvient des toilettes exiguës juchées dans le couloir d’un escalier : une boîte à surprise qui déchaîne une série de mésaventures et d’actes farfelus pour le célibataire tintinophile interprété par le frère du réalisateur, Denis Podalydès. Tout l’art de Bruno est dans la boîte ; tout sort de là : gag chorégraphié, comique de situation, de répétition, variété des registres du scatologique à la comédie humaine. Assez logiquement, dans son œuvre, Podalydès a fait siens les emboîtements, les mystères cachés puis révélés de Gaston Leroux.



Après Dieu seul me voit (Versailles chantier), Bancs publics, sous-titré Versailles rive droite, nous ramène presque là où nous avait laissés le réalisateur, seize années plus tôt. Podalydès a rassemblé la dream team du cinéma français, dont la liste tiendrait à peine sur un feuillet… Chacun défile dans sa scène, sa boîte, mais le rêve, le “dream” vire au drame. C’est notable, caché. Bruno Podalydès maintient le cap sur la comédie mais réserve derrière les buissons une critique sociale noire, profonde, une amertume à faire grincer les dents. Regardez comme c’est drôle : la vie de bureau, la solitude, les enfants impolis, la coloscopie qui nous attend. Podalydès détaille le tout comme s’il s’agissait de parcourir un aquarium de poissons rouges, tous identiques, condamnés à lécher les mêmes parois.

DJ
Versailles rive gauche
1991 - Fiction - 49'04"

Voila
1993 - Fiction - 40'00"

Film de Bruno Podalydès
2007 - Fiction - 04'03"

 
  Autour de
Dans tes bras de Hubert Gillet
 
Sortie le 01 juillet 2009
 
Lune
2002 - Fiction - 23'00"

En 2002, Hubert Gillet signait Lune, un court métrage sensible sur le placement des enfants en foyer d’accueil. Mélanie Leray se voyait retirer sa fille, placée par les services sociaux chez une nourrice. Son désespoir résonnait avec le comportement timide et apeuré de la petite fille qui, du haut de ses six ans, tentait de se reconstruire. Coécrit par Hubert Gillet et Anna da Palma, Lune regardait avec humilité et discrétion cette enfance chahutée.



Dans tes bras, premier long métrage d’Hubert Gillet, coécrit avec la même scénariste, semble prolonger ce court métrage par le thème de l’adoption. Louis, 16 ans, perturbé par le fait d’être un enfant adopté, part à la recherche de sa mère biologique. Avec la même délicatesse d’écriture, le réalisateur procède à l’examen des sentiments violents qui animent les personnages : l’affirmation de soi en retrouvant ses racines pour Louis et le trouble palpable de Solange, la mère, lorsque son passé refait surface. La justesse du jeu de Martin Loizillon, fébrile, brutal et touchant, et l’énergie de Lola Naymark (vue dans Brodeuses d’Éléonore Faucher) qui lui donne la réplique dans une histoire d’amour balbutiante donnent au film une fraîcheur, une finesse et une humanité sans fard.

SD
 
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