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Ils font l’actualité du cinéma.
Au moment où un réalisateur est sous les feux de la rampe des sorties du mercredi, le-court.com vous propose de (re)découvrir sa démarche et son parcours artistique. L'occasion de démontrer que le court métrage est en prise avec l'actualité cinématographique et de rappeler qu'un film est un film, indépendamment de toute appréciation de durée ou de genre.
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Sortie le 13 janvier 2010
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| E Pericoloso Sporgersi (1984, 35 mm, 12’) |
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L’ambitieux projet de Mr. Nobody a longuement mûri dans l’esprit de son réalisateur, mettant une décennie à aboutir. Mais il s’enracine encore plus en amont, l’une des multiples inspirations de son intrigue en arborescence se rattachant directement à celle de son plus fameux court métrage : E Pericoloso Sporgersi. Un enfant, fils de chef de gare, y était placé en face de différents avenirs possibles, l’importance primordiale d’un simple hasard – par exemple parvenir à prendre un train ou pas – conditionnant aussi le destin du jeune Nobody au moment de la séparation de ses parents. Toujours aussi exceptionnellement inventif du point de vue visuel, Jaco Van Dormael inscrit son nouveau film en parfaite cohérence dans son évolution créative, établissant des ponts avec l’univers coloré de Toto le héros (1991), tout en investissant le champ inédit pour lui du film d’anticipation. Son personnage éponyme, Nemo Nobody, n’est autre, en effet, que le dernier des mortels, qui achève sa riche existence à la fin du XXIe siècle. Ce qui permet surtout au cinéaste de démontrer à quel point demeure vivace son talent d’exploration de l’imaginaire humain, dans lequel perdure éternellement une part enfantine, jusqu’au rêve d’immortalité. Presque une profession de foi artistique… Christophe Chauville
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Sortie le 30 décembre 2009
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| Histoire naturelle (2002, 35 mm, 22’) |
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Thèmes de prédilection du jeune cinéma, la fin de l’enfance et la perte de la naïveté se voyaient abordés, il y a une dizaine d’années, avec une séduisante singularité par Laurent Perreau dans Quand j’étais photographe, plus incisif et cruel que la nostalgie de son argument – des vacances au bord de l’eau – pouvait le laisser penser. Avec son premier long métrage, Le bel âge, le réalisateur s’attache à “capturer” dans son objectif le portrait flottant d’une jeune fille de dix-sept ans, plus tout à fait adolescente et pas encore adulte. Insoumise et timide à la fois, elle boude le grand-père l’ayant recueilli à la mort de sa mère, tout en affrontant de premières confusions sentimentales.
La petite musique des sentiments, Histoire naturelle avait permis à Laurent Perreau de s’en faire un conteur inspiré, sur un charmant schéma rohmérien, à travers la rencontre amoureuse entre une étudiante des Beaux-arts et un lunaire gardien de zoo. Le bel âge, plus âpre dans le rapport tendu de ses personnages à la réalité, parvient surtout à établir un dialogue émouvant entre ses deux personnages principaux et, du même coup, entre des générations éloignées jusque dans leur conception du “bel âge”…
Christophe Chauville
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Sortie le 02 décembre 2009
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Avant d’en venir à La famille Wolberg, magnifique mélo, le CV d’Axelle Ropert pouvait se résumer en trois lignes : jeune critique (qui énerve) dans l’émission Le Cercle de Canal +, scénariste des films (qui énervent) de Serge Bozon (La France, Mods, L’amitié), et réalisatrice, en 2005, d’Etoile Violette, un moyen métrage sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs sorti en salles.
D’Etoile Violette on retient surtout de très beaux moments d’écriture notamment des monologues et dialogues d’où se dégagent des histoires singulières, celle de Michel, l’homme que l’on entend à la radio ou bien encore celle du client qui va se marier. Mais, avec le personnage principal du tailleur terne et solitaire (double du spectateur-cinéphile), Etoile Violette qui se jouait autour d’un ton à la fois bressonnien et arty, était considérablement tourné sur lui-même. En venant au long métrage, Axelle Ropert est passée d’un personnage terne à celui d’un bouffon lumineux, d’une mise en scène guindée à un mélodrame léger et profondément triste, d’un récit à la troisième personne lointain à un récit à la première personne, profondément intelligent et émouvant. Une réalisatrice est née.
Donald James
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Sortie le 25 novembre 2009
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| Samedi, dimanche et aussi lundi (1999, 35 mm, 13’) |
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Eric Valette n’a pas toujours été très aimé.
Son premier long métrage, Maléfique, film fantastique à propos de quatre taulards qui se font la malle à l’aide d’un grimoire contenant des formules magiques, est déjà tombé dans l’oubli. Quant à ses deux longs métrages suivants tournés aux Etats-Unis, ils ne sont jamais sortis en salles…
Pourtant, pour qui aime le cinéma Bis, le mauvais genre, le thriller politique qui dérange, le cinéma d’Eric Valette mérite nettement mieux qu’un vague humement de dinosaure.
En témoignent ses courts métrages qui puisent tous leur force, leur liberté dans un surrégime potache et braque.
Valette a signé cinq films courts passionnants même si moins matures que son Affaire d’état qui sort en salles ces jours-ci : Samedi, dimanche et aussi lundi, un polar punk hyper violent, réflexion sur les apparences ravagée par un humour morbide ; Il est difficile de tuer un lundi, une plongée cérébrale aux côtés d’un serial killer français raté qui rêve devenir le Zodiac ou encore Tuez-moi où apparaît Gérald Laroche (le chef flic de Rachida Brakni dans Une Affaire d’Etat) dans un rôle très borderline.
Donald James
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Sortie le 11 novembre 2009
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Réalisateur d'origine américaine, Eugène Green est un artiste polyvalent. Singulier, le cinéaste n’a pas commencé par le format court pour arriver au long. Il écrit, interprète des rôles et réalise alternativement des films longs ou courts, où toujours palpite une poésie hiératique, fantaisiste et décalée qui fait chanter la langue et électrise les musiques de chambre.
Venu de la peinture au cinéma, naturellement attiré par la lumière, Green a réalisé trois courts métrages, trois tableaux autour de la présence et de l’absence, du caché et du révélé. Parmi eux, Les Signes, présenté à Cannes hors compétition en 2008, en demeure le point d’orgue. Dans ce « mini film » (Eugène Green), le cinéaste tisse déjà, sur fond de musique baroque, les fils de son chef d’œuvre La Religieuse Portugaise. À contre courant de notre époque, ce film hors normes - épiphanie philosophique questionnant chaque pièce du puzzle qui constitue notre vie - nous invite à déchiffrer le monde immanent et éphémère en dialoguant religieusement avec les enfants, les mouettes et les fantômes
Donald James
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Sortie le 30 septembre 2009
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L’arpenteur pourrait être le titre qui résume les films de Sarah Petit. Avant Au voleur, premier film qu’elle signe sous le nom de Sarah Leonor, bien de ses personnages ont parcouru des territoires en quête d’un indéfinissable. Que cherche la jeune femme des Limbes arrivée à Strasbourg dans ses aventures de passage ? Et cet apprenti Arpenteur qui laisse venir à lui les traces de ses racines en parcourant l’Arménie de ses ancêtres ? Et, dans Le lac et la rivière, ce voyageur impénitent, employé quelques semaines dans une vigne, et qui oscille entre deux femmes ? Tous donnent le sentiment de flotter dans le provisoire et l’indécision, de ne pas trouver leur place au cœur d’un monde douloureusement stable.
Sarah Leonor aime filmer les espaces, le temps qu’il faut pour les traverser. Chez elle, les gros plans paraissent incongrus. De même, les poussées soudaines de rebondissements dramatiques lui vont moins bien que les moments de rencontres entre des êtres d’horizons différents, les échanges de confidences, les instants où l’on sent avant tout l’écoulement du temps.
Si le mot “moyen métrage” n’a pas d’existence administrative, Sarah Leonor est de ceux qui lui ont néanmoins donné ses lettres de noblesse.
Jacques Kermabon
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