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Ils font l’actualité du cinéma.
Au moment où un réalisateur est sous les feux de la rampe des sorties du mercredi, le-court.com vous propose de (re)découvrir sa démarche et son parcours artistique. L'occasion de démontrer que le court métrage est en prise avec l'actualité cinématographique et de rappeler qu'un film est un film, indépendamment de toute appréciation de durée ou de genre.
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Sortie le 14 juillet 2010
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Décrire la carrière du réalisateur, scénariste et acteur Gilles Marchand nécessiterait des pages. Côté courts, après deux films d’école tournés à l’IDHEC (Nuit Blanche, L’étendu), Gilles Marchand réalise Joyeux Noël (1993) et C’est plus fort que moi (1999). Un loser un peu crâneur y fait office de héros. Il est ce jeune con qui a tout lu, tout vu, tout bu… Dans Joyeux Noël, il s’appelle Philippe (interprété par Philippe Praliaud), il incarne le Parisien parasite de retour dans sa famille, pas vraiment bienvenu car méchant et impoli ou tout simplement trop décontracté. À la vanité de ce personnage semble correspondre une certaine vacuité du monde. La situation surannée, la famille démodée, le décor bon marché évoquent les Deschiens des années 1990. Mais avec Marchand, la chronique sociale est grinçante, l’état des lieux dominé par un regard cynique et noir comme seul exutoire. Dans C’est plus fort que moi, Marchand se débarrasse de la famille, de la province. Le décor change, le protagoniste, Philippe (toujours interprété par Philippe Praliaud) reste le même. Jeune artiste photographe inactif, il aborde une jeune femme dans le métro, l’invite chez lui, puis à un défilé de haute couture, où la jeune femme le laisse tomber pour un autre. Réalisé à la fin des années 1990, avant que le succès ne devienne matière à programmes télévisés, ce film à l’amertume rentrée est une comédie de caractères, où le personnage principal fait de sa vie, une œuvre d'art et de l’échec, une finalité. Donald James
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Sortie le 07 juillet 2010
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| Bonbon au poivre (2005, 35') |
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Le monde du travail n’offre pas si souvent la toile de fond des films français pour ne pas saluer la persévérance de Marc Fitoussi à y puiser les ressorts de ses comédies. Avant d’être, dans Copacabana, la chef sans états d’âme de la fantasque Babou (Isabelle Huppert), échouée comme vendeuse d’appartements en multipropriété à Ostende, Aure Atika avait déjà formé des représentants en confiserie dans Bonbon au poivre. En face d’elle, Annick, la cinquantaine, refusait de se prêter aux jeux de rôles censés l’initier aux techniques de vente. Elle n’avait plus l’âge d’être dupe et préfèrait son jardin secret, la danse. Toute ressemblance avec la passion de Babou et la complicité qui naît entre la chef et son employée n’est pas fortuite. Chantal Banlier, Lutin de la meilleure actrice en 2007 pour le rôle d’Annick, fut une dragueuse vite rembarrée par Maryline Canto, dans une boîte homosexuelle, dans Illustre inconnue, et une cliente de l’agence de voyage dans Sachez chasser. Elle appartient à ces comédiens fidèles à Fitoussi. Stéphane Guillon en est un autre. Employé obséquieux, il est invité à la campagne par son patron pour une partie de chasse (Sachez chasser) ; il y croise Évelyne (Camille Japy) à qui sa chef a confié la garde de sa maison. Pris dans des rapports hiérarchiques similaires, ils n’ont pas la même façon de s’y plier. Comment tenir son rôle, jusqu’où y croire ? Tels sont les motifs qui irriguent les comédies sociales de Marc Fitoussi et que brouille quelque peu la valse des sentiments. Jacques Kermabon
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Sortie le 30 juin 2010
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| À l’instar du Père Noël et de la pizza (2007, 5') |
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En allant chercher son prix de la mise en scène à Cannes, Mathieu Amalric rappela qu’il avait commencé derrière la caméra (comme assistant monteur) alors qu’on le connaît surtout, évidemment, pour ses rôles devant celle de Desplechin et de tant d’autres. Si Tournée est son quatrième long métrage, Amalric a réalisé son premier court dès 1986, bien avant d’illuminer Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), le film qui le révéla comme acteur.
Comédien par accident ? Peut-être… Toujours est-il qu’il n’est pas devenu cinéaste par hasard, qu’il ne s’agit pas, comme souvent, d’un caprice d’acteur se disant que lui aussi, désormais, peut signer un film. Mathieu Amalric est donc un cinéaste et c’est peut-être son meilleur rôle. Les yeux au plafond, sorte d’autofiction infusée de Nouvelle Vague, en attestait dès le début des années 1990 et Le stade de Wimbledon, dans lequel il ne joue pas, vint dix ans plus tard le confirmer. Plus anecdotiques, deux courts réalisés récemment dans le cadre d’un dispositif destiné à promouvoir de jeunes comédiens réussirent toutefois à ménager, dans un cadre souvent peu propice à l’irruption de la grâce et du cinéma, de beaux moments de jeu… Stéphane Kahn
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Sortie le 14 avril 2010
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Elsa, la trentaine, est divorcée et maman d’un garçon de dix ans dont elle aimerait récupérer la garde. En recherche d’emploi, elle attend une réponse pour devenir “hôtesse de caisse” en supermarché, dans la pire des urgences car elle a été expulsée de son studio et doit dormir dans sa voiture. Pas évident d’assumer, dans ces conditions, son week-end de garde de ce fils qui lui manque tellement… On retrouve dans Huit fois debout ce beau personnage de cinéma, interprété avec sensibilité et force par Julie Gayet, après S’éloigner du rivage. Le long métrage reprend le court en l’intégrant dans une version retournée, quasiment à l’identique, quoique l’enfant ne soit pas le même. La narration se développe en amont de cet épisode initial qui devient le climax du format “allongé”. La tonalité dramatique est du même coup atténuée, l’itinéraire préalable d’Elsa échappant au misérabilisme par la grâce d’un registre de comédie douce-amère, sinon romantique, évoquant certaines productions récentes de la production “indé” américaine. Une référence qui détonne dans le contexte traditionnel du jeune cinéma français, mais qui n’est cette fois pas galvaudée.
Christophe Chauville
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Sortie le 07 avril 2010
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“La vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas” dit Mlle Brown dans Les deux anglaises et le continent de François Truffaut. D’une certaine façon, ces mots pourraient s’appliquer au dernier film de Patric Chiha, Domaine, mais aussi aux courts métrages qui l’ont précédé. Car face à ce constat que toute vie est forcément morcelée, mise à mal par la vie elle-même, Patric Chiha observe à distance, avec une persévérance clinique, ce qu’il y a de plus chaud et de plus enfoui chez l’être humain. Ce qu’on aurait pu prendre pour une mélancolie vague dans Casa Ugalde, où le cinéaste imaginait le parcours affectif d’un couple à travers un album de photos trouvé aux puces, contenait déjà en germes les explosions à venir d’Où se trouve le chef de la prison et de Home. Des moments où le corps et/ou la parole d’un personnage sont/est traversé(s) par un souffle qui leur/lui échappe, phénomènes directement inspirés par l’œuvre de l’écrivain autrichien Thomas Bernhardt. Une prise de parole irrépressible, faite aussi de silence, portée à l’incandescence par Béatrice Dalle dans Domaine.
François Bonenfant
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Sortie le 17 mars 2010
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Le passage de Frédéric Chignac par le court métrage s’effectua sous le sceau de l’insolite, notamment son astucieux Distracteur qui offrait une singulière parabole des rapports de hiérarchie et de contrôle en milieu professionnel. De cet univers froid et déshumanisé, le réalisateur passe, dans Le temps de la kermesse…, à l’accablante chaleur d’un coin désertique d’Afrique, où un homme d’affaires – incarné par le trublion médiatique Stéphane Guillon – tombe en panne, se voyant contraint à un séjour forcé dans un hameau échoué en marge du monde. Cela donne au réalisateur l’occasion idéale de se livrer à une fable géopolitique, presque un conte, sur un autre grand équilibre humain, à l’échelle des continents celui-là : la relation Nord/Sud, avec sa cohorte de répercussions comme les réflexes post-colonialistes du Blanc d’Afrique, l’inconséquence coupable du touriste occidental de passage, la corruption généralisée ou le rêve chimérique et funeste, pour la jeunesse locale, de gagner l’Europe. Sans atteindre la truculence caustique d’un Marco Ferreri dans Y’a bon les Blancs, Chignac réussit sa comédie satirique, jusqu’au dénouement d’une cruauté cynique hélas à la mesure de la réalité.
Christophe Chauville
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