Décrire la carrière du réalisateur, scénariste et acteur Gilles Marchand nécessiterait des pages. Côté courts, après deux films d’école tournés à l’IDHEC (Nuit Blanche, L’étendu), Gilles Marchand réalise Joyeux Noël (1993) et C’est plus fort que moi (1999). Un loser un peu crâneur y fait office de héros. Il est ce jeune con qui a tout lu, tout vu, tout bu…
Dans Joyeux Noël, il s’appelle Philippe (interprété par Philippe Praliaud), il incarne le Parisien parasite de retour dans sa famille, pas vraiment bienvenu car méchant et impoli ou tout simplement trop décontracté. À la vanité de ce personnage semble correspondre une certaine vacuité du monde. La situation surannée, la famille démodée, le décor bon marché évoquent les Deschiens des années 1990. Mais avec Marchand, la chronique sociale est grinçante, l’état des lieux dominé par un regard cynique et noir comme seul exutoire.
Dans C’est plus fort que moi, Marchand se débarrasse de la famille, de la province. Le décor change, le protagoniste, Philippe (toujours interprété par Philippe Praliaud) reste le même. Jeune artiste photographe inactif, il aborde une jeune femme dans le métro, l’invite chez lui, puis à un défilé de haute couture, où la jeune femme le laisse tomber pour un autre. Réalisé à la fin des années 1990, avant que le succès ne devienne matière à programmes télévisés, ce film à l’amertume rentrée est une comédie de caractères, où le personnage principal fait de sa vie, une œuvre d'art et de l’échec, une finalité.
Donald James