Le monde du travail n’offre pas si souvent la toile de fond des films français pour ne pas saluer la persévérance de Marc Fitoussi à y puiser les ressorts de ses comédies. Avant d’être, dans Copacabana, la chef sans états d’âme de la fantasque Babou (Isabelle Huppert), échouée comme vendeuse d’appartements en multipropriété à Ostende, Aure Atika avait déjà formé des représentants en confiserie dans Bonbon au poivre. En face d’elle, Annick, la cinquantaine, refusait de se prêter aux jeux de rôles censés l’initier aux techniques de vente. Elle n’avait plus l’âge d’être dupe et préfèrait son jardin secret, la danse. Toute ressemblance avec la passion de Babou et la complicité qui naît entre la chef et son employée n’est pas fortuite.
Chantal Banlier, Lutin de la meilleure actrice en 2007 pour le rôle d’Annick, fut une dragueuse vite rembarrée par Maryline Canto, dans une boîte homosexuelle, dans Illustre inconnue, et une cliente de l’agence de voyage dans Sachez chasser. Elle appartient à ces comédiens fidèles à Fitoussi. Stéphane Guillon en est un autre. Employé obséquieux, il est invité à la campagne par son patron pour une partie de chasse (Sachez chasser) ; il y croise Évelyne (Camille Japy) à qui sa chef a confié la garde de sa maison. Pris dans des rapports hiérarchiques similaires, ils n’ont pas la même façon de s’y plier. Comment tenir son rôle, jusqu’où y croire ? Tels sont les motifs qui irriguent les comédies sociales de Marc Fitoussi et que brouille quelque peu la valse des sentiments.
Jacques Kermabon