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L’arpenteur pourrait être le titre qui résume les films de Sarah Petit. Avant Au voleur, premier film qu’elle signe sous le nom de Sarah Leonor, bien de ses personnages ont parcouru des territoires en quête d’un indéfinissable. Que cherche la jeune femme des Limbes arrivée à Strasbourg dans ses aventures de passage ? Et cet apprenti Arpenteur qui laisse venir à lui les traces de ses racines en parcourant l’Arménie de ses ancêtres ? Et, dans Le lac et la rivière, ce voyageur impénitent, employé quelques semaines dans une vigne, et qui oscille entre deux femmes ? Tous donnent le sentiment de flotter dans le provisoire et l’indécision, de ne pas trouver leur place au cœur d’un monde douloureusement stable.
Sarah Leonor aime filmer les espaces, le temps qu’il faut pour les traverser. Chez elle, les gros plans paraissent incongrus. De même, les poussées soudaines de rebondissements dramatiques lui vont moins bien que les moments de rencontres entre des êtres d’horizons différents, les échanges de confidences, les instants où l’on sent avant tout l’écoulement du temps.
Si le mot “moyen métrage” n’a pas d’existence administrative, Sarah Leonor est de ceux qui lui ont néanmoins donné ses lettres de noblesse.
Jacques Kermabon
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